Banksy et les migrants de Calais

En quatre oeuvres, Banksy transforme les murs de Calais en manifeste urbain qui dénonce la situation des migrants tandis que la maire de la ville y voit une « chance pour Calais ». Pas besoin d’un long discours lorsque les images ont une telle force expressive.

La première d’entre elles représente Steve Jobs, arrivant dans la jungle, cette zone où s’entassent plusieurs milliers de migrants. Référence au passé du fondateur d’Apple dont le père syrien a pu s’installer aux États Unis après avoir quitté son pays. Pour ceux qui seraient insensibles à la seule obligation morale de l’hospitalité, Banksy, non sans ironie, rappelle que les migrants sont moins une charge qu’une ressource.

La deuxième image est un détournement du tableau de Géricault, le radeau de la Méduse. A la place de l’Argus, le bateau qui porte secours aux naufragés, un car-ferry dont on se demande s’il ne fait pas lui que passer au loin, abandonnant à leur sort tragique ces victimes

Le troisième représente un enfant doté d’une valise et d’une longue vue. Face à la plage, il scrute la mer. Loin d’incarner l’innocence, la silhouette entièrement noire, un vautour posé sur la longue vue, se fait oxymore et symbole du triste destin qui attend les migrants.
Le dernier conclut ce récit pictural d’une simple phrase « maybe this whole situation will just sort itself out » et renvoie chacun à sa responsabilité. Non il est peu probable que cette impasse se résolve par elle-même.

Peu de temps après leur apparition les 4 oeuvres de Banksy sont protégées par les services municipaux pour éviter leur dégradation. La maire de Calais, Natacha Bouchart, y voit «une chance pour Calais». Pour peu que leur mise en tourisme serve aussi à ceux qu’elles s’évertuent de défendre.

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