Paris en crue et en spectable

Quelques semaines après la modélisation d’une crue centennale par l’IAU et les exercices de prévention menés par la préfecture, la seine inonde Paris.

Si l’eau n’atteint que 6,10 mètres au pont d’Austerlitz le 4 juin contre  8,62 mètres le 28 janvier 1910, les voies sur berges disparaissent du paysage, les péniches et autres bateaux semblent perdus en mouillant loin de tout quai, les ponts prêts à être submergés. RER et métro sont perturbés et pendant un temps la Seine devient un opérateur encombrant de la vie métropolitaine. Départements de la Seine-et-Marne d’abord, puis Seine-Maritime sont largement touchés par les inondations et les dégâts occasionnés dans ces espaces périurbains atteindra le milliard d’euros. L’État de catastrophe naturelle est reconnu.

Pendant que des milliers foyers touchés sont évacués et tentent de s’organiser, que l’on dénombre des pertes matérielles considérables, le phénomène est aussi spectacle. Sur les quais de Seine, entre autres celui d’Orsay, parisiens et touristes s’arrêtent pour contempler et immortaliser en le photographiant l’événement, les plus aventureux allant parfois jusqu’à mettre les pieds dans l’eau pour trouver le bon cadrage. A quelques kilomètres de distance, ce sont donc des scènes futiles d’un côté et de désastre de l’autre qui se jouent. C’est ainsi autant la fragilité de nos espaces métropolisés qui est révélée que les travers d’une société hypermoderne hantée par  la médiatisation et le culte des loisirs.